Le nouveau rituel du mariage fête ses dix ans !

« La théologie du mariage a souvent été le parent pauvre ! ».  C’est en ces termes que l’abbé Patrick Willocq a introduit son exposé sur le (nouveau) rituel du mariage donné à la maison de Mesvin le 31 janvier dernier.  Il faut d’emblée dire que ce rituel n’est plus si nouveau que cela car il fête déjà cette année son dixième anniversaire.

D’emblée, l’orateur nous a plongé dans l’histoire en évoquant Vatican II avec la constitution sur la liturgie (SC77), le rituel en version latine de 1969, la version francophone de 1970, le rituel officiel du mariage de 1991 et enfin, si j’ose dire, la version française du rituel romain de la célébration du mariage de 2005.  Il paraîtra sous deux formes : une version de travail et une version pour les célébrations.

L’abbé Willocq a pris le temps de traverser le rituel en encourageant les participants à lire avec attention les préliminaires de celui-ci.  On y trouve une réflexion sur la théologie du sacrement de mariage, un encouragement à une préparation catéchétique approfondie, une insistance sur une présence de toute la communauté ecclésiale pour enrichir une pastorale et une catéchèse familiale, les rites à observer…

Tout d’abord, dans une première partie, le document romain aborde les trois types de célébration du mariage (au cours de la messe, en dehors de la messe, entre une partie catholique et une partie catéchumène ou non chrétienne).

Ensuite, dans une seconde partie, le rituel évoque les choix de lectures bibliques, la profession de foi, la bénédiction nuptiale, la prière universelle et les souvenirs offerts aux époux lors de leur mariage.

Finalement, une troisième partie reprend un rituel de bénédiction des fiancés, un rituel de bénédiction des époux aux cours de la messe pour l’anniversaire de leur mariage, la prière pour deux catéchumènes ou une partie catéchumène et une partie non-chrétienne après leur mariage civil et enfin, une prière pour deux néophytes mariés, ou pour un néophyte et son conjoint chrétien, au jour du baptême ou l’un des dimanches qui suivent.

Quelques principales nouveautés furent alors évoquées : la suppression du Kyrie, le « Gloire à Dieu » au cours de la messe et la profession de foi.  Plusieurs formules permettent d’élaborer   la structure : dialogue initial – échange des consentements – réception.  On y trouve aussi deux nouvelles prières d’ouverture (RF60,61), un renforcement de l’engagement personnel « signe de MON amour… ».  Pour terminer évoquons que la prière des époux devient facultative dans le nouveau rituel.

Notre liturgiste a alors abordé un point particulier à savoir les formules de la bénédiction nuptiale tant du point de vue de la forme que du fond.  Alors que dans l’ancien rituel de 1969 elle était surtout destinée à l’épouse « regarde cette nouvelle épouse… », celui de 1991 l’a destinée pour les deux époux « regarde avec bonté ton serviteur et ta servante… ».  On y voit aussi un retour sur la dimension épiclétique (Esprit-Saint) dans les six prières de bénédiction nuptiale.  La bénédiction nuptiale rejoint en ce sens les grandes prières de consécration.  Le mariage devient la sanctification des époux en vue d’une mission chrétienne spécifique en étroite relation avec Dieu.  Donc pour la théologie du mariage, la liturgie du mariage devient un lieu d’évangélisation et un lieu de concrétisation de la vocation baptismale des époux.

Il est presque certains que cette conférence va donner le goût aux prêtres, diacres, animateurs des CPM et même au couple de futurs mariés présents à la rencontre d’approfondir ce rituel.  C’était l’objectif de cette formation.  Merci encore à l’abbé Patrick Willocq d’avoir répondu à cette invitation du service de pastorale des couples et des familles.

                                                                            L’abbé Xavier Huvenne

                                                                            Responsable du service diocésain de pastorale familiale